Le port du casque obligatoire, une mesure anti vélo-friendly ?

La proposition de loi a été faite le 12 janvier 2016 par Monsieur Hervé MAUREY, sénateur de l’Eure. Ce projet de loi vise à renforcer la sécurité des cyclistes. Le texte est orienté autour de l’obligation du port du casque pour tout cycliste en circulation. Ce texte avec des enjeux relativement faibles, suscite malgré tout des réactions de la part des intéressés : les cyclistes !

Plusieurs personnes se sont prêtées à une analyse sur l’utilité du casque dans la protection du cycliste et surtout l’intérêt d’une telle mesure sur les habitudes et la sécurité.

 Port du casque

 Une mesure qui ne séduit pas à l’international

En effet, il est recommandé de porter un casque. Tel est l’état du port du casque actuellement en France. Mais dans d’autres pays, le casque est devenu obligatoire pour tous les cyclistes (ils ne sont que 3 : Australie, Nouvelle-Zélande et 5 régions canadiennes). Ainsi on peut s’interroger sur le fait qu’une telle mesure entre en vigueur alors que des pays où le vélo est très présent n’ont pas opté pour cette solution (les Pays-Bas, l’Allemagne, etc.). De plus, il est a noter que les parlementaires Australien songent à retirer cette obligation.

Vers une régression dans l’usage du vélo ?

Régression

Plusieurs constats prouvent de manière évidente que le casque s’il est rendu obligatoire représentera une contrainte logistique majeure pour les cyclistes. Alors l’usage du vélo qui se démocratise grâce à ses avantages logistiques pourrait être freiné. Les avantages du stationnement, des gains de temps et de l’intérêt pour la santé pourrait être contrés par cette contrainte de taille : celle d’avoir un objet encombrant avec soi toute la journée.

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AAAEn outre, cette mesure oublie les usagers du vélo libre-service ! Ce service en pleine expansion pourrait subir une externalité négative majeure du fait de cette loi si celle-ci était votée et si elle rentrait en vigueur. Chaque usager serait alors dans l’obligation de posséder son casque avec soi. La liberté serait alors limitée, ce qui irait à l’encontre de la promesse de ce service urbain. L’alternative serait la fourniture d’un casque, mais cela engendrera des frais considérables ainsi que des contraintes de salubrité du fait d’un contact direct avec les cheveux .. Bref, le casque n’est pas fait pour le vélo libre-service !

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Des effets sur la sécurité qui restent modérés !

Actuellement l’usage du vélo est en forte progression dans les agglomérations et on note que certes, il y a plus d’accidents en ville pour les cyclistes qu’à la campagne, mais les accidents ont une incidence mortelle plus grande en dehors des aires urbaines.

En effet, la circulation urbaine des vélos est plus fluide, plus lente et plus régulée. C’est pourquoi, il y a moins d’accidents qu’à la campagne où il y a un autre mode de circulation pour les vélos. On peut noter également que le nombre (et non pas le pourcentage) de morts reste stable malgré l’augmentation du nombre de déplacements effectués à vélo.

Un autre élément vient corroborer cette thèse : le type de chute à vélo. En effet, mise à part en heurtant un véhicule directement avec sa tête ou bien en faisant un « soleil », la plupart des chutes se font sur le flanc. Ainsi ce sont les membres supérieurs et inférieurs qui subissent le plus de dégâts. Une chose est également à souligner, le nombre de déplacements à vélo depuis le début des années 2000 a été multiplié par plus de 2 ! Les automobilistes sont dorénavant accoutumés aux vélos et eux-mêmes pouvant être cyclistes, ils roulent sûrement différemment et plus prudemment maintenant qu’il y a 15 ans.

Il est important de noter que le Ministère de l’intérieur dans ses examens du Code de la route, ne met pas les cyclistes avec un casque dans ses diaporamas. Il est estimé que le cycliste est un usager de la route qui doit se comporter avec autant de vigilance que le conducteur d’un véhicule motorisé. Alors évidemment ceux qui roulent mal à vélo auront sans doute des accidents quoi qu’il advienne.

vélo

 

Une mesure qui se devrait universelle pour l’ensemble de la population ?

Oui, si la France adopte le port du casque obligatoire pour les usagers du vélos et des véhicules motorisés, alors pourquoi ne pas l’étendre aux piétons ? Car après tout le nombre de piétons subissant des accidents et des chocs avec des véhicules est nettement plus élevé que pour les vélos. De plus, les chocs sont différents de ceux des vélos et la tête est plus exposée dans la chute. Alors, irons nous vers des villes où tous les cyclistes seront bardés de protections (protèges genoux, protèges coudes, etc.) ? Où tout le monde se devra de porter son casque à pied comme sur un deux roues ?

cycliste

Cette mesure a des intentions louables, cependant nous estimons que ce sont les infrastructures qui doivent continuer d’être adaptées. Malgré tout, nous tenons à préciser que nous ne sommes pas contre l’usage du casque, loin de là. Cependant, son obligation nuirait à l’usage du vélo et à la liberté de mouvement que celui-ci procure. Rappelons, qu’actuellement les enfants de moins de 12 ans ont l’obligation de porter un casque lorsqu’ils sont à vélo depuis 2015.

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L’équipe Écovélo

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